ALERTE-Guerre d’Algérie: E.Macron reconnaît le rôle de l’Etat dans la mort de M.Audin (Le Monde)

L’information est annoncée par Le Monde et fait la une de L’Humanité. Emmanuel Macron se rend aujourd’hui chez Josette Audin et va publier une déclaration reconnaissant la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, ce mathématicien communiste, militant de l’indépendance de l’Algérie, arrêté par les parachutistes de Massu à son domicile devant sa femme et ses 3 enfants, le 11 juin 1957 en pleine bataille d’Alger.

Maurice Audin est arrêté car soupçonné d’heberger des membres du Parti communiste algérien. Disparu sans laisser de traces, l’armée française affirmera à son épouse qu’il s’est évadé. D’après des témoignages, il aurait été torturé dans une villa du quartier d’El Biar, à Alger, avant d’être sans doute assassiné.

« Le président de la République a (…) décidé qu’il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet, annonce l’Elysée. Le chef de l’Etat reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile. »

Le corps de Maurice Audin n’a jamais été retrouvé, son decès n’a été établi qu’en 1963. En janvier 2014, dans un enregistrement sonore posthume, le général Paul Aussarresses révélait que les parachutistes du géneral Massu avait « tué au couteau [Maurice Audin] pour faire croire que c’étaient les Arabes qui l’avaient tué. » Le général Aussaresses expliquait avoir pros lui même la décision.

Selon Le Monde, l’assassin présumé du mathématicien est toujours vivant. Agé de 82 ans « il vit reclus dans une vill de Bretagne, protégé par la loi d’amnistie votée après la guerre d’Algérie, et refuse tout entretien ».

Mais Emmanuel Macron veut aller plus loin : 61 ans, 3 mois et 2 jours après la disparition de Maurice Audin, le président de la République va reconnaître également officiellement que l’Etat a failli en permettant le recours à la torture lors de la guerre d’Algérie. « Si la mort [de Maurice Audin] est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué : le système “arrestation-détention”, mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale. »

©Actu140

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